Memscap : le micro prend de l’ampleur

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Première entreprise cotée en Bourse dans le marché pure play des systèmes microélectromécaniques, la société Memscap est l’un des leaders mondiaux du secteur. Un succès amené à se développer dans les années à venir.

La pression, Memscap la maîtrise à la perfection. Grâce à ses systèmes microélectromécaniques (Mems), l’entreprise installée à Crolles s’est imposée comme le n° 2 des fournisseurs de capteurs de pression, sur le marché aéronautique mondial, et sur le marché de la pression sanguine invasive. Cela fait cinq ans que Jean-Michel Karam, directeur général, se prépare à l’année 2023. Fin décembre, son programme Fablite, un plan de restructuration de ses activités américaines, sera fin prêt. Il prévoit le retrait de la fabrication des puces de silicium de son usine. « Les gains générés ne suffisent pas à rentabiliser son coût », explique l’entrepreneur. Si son plan de croissance se confirme, sa rentabilité devrait exploser.

14 % du marché aéronautique mondial.

Dans les cockpits, les cabines, les sièges… les capteurs de pression Memscap sont partout. L’entreprise équipe les avions Boeing, Airbus, Cessna, les avions d’entraînement, de chasse, les drones militaires américains et même les robots de la Nasa. L’avionique représente 67 % de son chiffre d’affaires qui est de 2,5 millions d’euros, au troisième trimestre 2022. « Dans un avion, l’information doit être précise et perdurer dans le temps. Nos capteurs ne perdent presque rien sur vingt ans », détaille Jean-Michel Karam. Leur prix va de 300 dollars à 3 000 dollars. Le principal concurrent de l’entreprise est la société américaine Honeywell, qui détient 21 % du marché, contre 14 % pour Memscap. Le deuxième secteur d’activité majeur de la structure est le médical. Il constitue 31 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2022. Ici, les capteurs Mems permettent de transmettre la pression des patients vers les moniteurs. Ils sont également utilisés dans les systèmes de filtration sanguine haut de gamme. Leur prix s’élève à 220 dollars. À sa création en 1997, Memscap produisait des Mems pour les télécoms. À l’époque, Jean-Michel Karam recrute quatre personnes et lève un capital-risque de 2 millions d’euros.

Une présence internationale.

La société entre en Bourse en 2001, et lève 101 millions d’euros. Le chercheur fait construire une usine à Crolles. Le bâtiment est encore fièrement représenté sur le triptyque qui orne les murs de son bureau : emergence, tribu, sérénité. Son chiffre d’affaires passe d’1,7 million en 1999 à 17,8 millions en 2001. Mais en 2002, le marché s’effondre. Jean-Michel Karam diversifie alors son activité par l’acquisition de sociétés en Norvège, aux États-Unis, en France et en Israël. En 2007, il est obligé de vendre l’usine de Crolles, rachetée par Soitec. « Ça a été très dur », reconnaît-il. Il faudra attendre 2013 pour que Memscap devienne rentable. Depuis, l’entreprise ne cesse de croître. Le Covid-19 a fait craindre une nouvelle crise en 2020. « Je m’attendais à une perte de 50 % de nos acheteurs, mais nous avons eu de la chance. » Il en perd 50 % mais en gagne 20 autres. « Dans la défense, certains en ont profité pour préparer de nouveaux systèmes et la demande en médical a augmenté de 110 %. » Avec 75 salariés et un chiffre d’affaires de 11,4 millions d’euros en 2021, Memscap compte maintenant s’attaquer aux moteurs d’avions et à la filtration sanguine bas de gamme, dès que le programme Fablite sera terminé. Peut-être est-ce enfin l’heure de la « Sérénité », la troisième partie du triptyque que le chef d’entreprise garde précieusement près de son bureau.

Repères : 
- 1997 : Jean-Michel Karam créer Memscap. Ce n’est qu’en 1998 que sa création sera opérationnelle. 
- 2001 : L’entreprise devient la première société Mems pure play (activité unique) cotée en Bourse au monde. 
- 2013 : Après des années difficiles et de multiples crises, Memscap devient rentable. 
- 11,4 m d'euros : C’est le chiffre d’affaires comptabilisé par l’entreprise grenobloise sur l’année 2021. 

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